mardi 28 juillet 2009

Bilan d'été pour un pays livré au dérapage

Alors que le week-end des banques et des administrations sera vendredi-samedi
La poste et l’éducation nationale en attente d’une décision
28-07-2009

Photo : Riad Par Nabila Belbachir

Désormais, les Algériens se reposeront les vendredis et samedis au lieu des jeudis et vendredis, comme c’est le cas depuis plus de trente ans. Cette décision gouvernementale entrera en vigueur à partir du 14 août prochain. De quelle manière ce week-end mixte est-il conçu par les citoyens ? S’il est bénéfique pour la sphère économique, qu’en est-il de la sphère sociale ? Les avis convergent vers le mécontentement, affiché du reste par rapport à cette décision. La plupart des personnes s’interrogent sur la journée du vendredi : travaillée ou chômée ? Notre virée, hier au niveau de certaines banques, services des assurances, pharmacies et autres types de commerces dans la capitale démontre l’insatisfaction, le mécontentement et surtout l’inquiétude de ces derniers quant au nouveau rythme de leur repos hebdomadaire. La population, mis à part les économistes, reste réticente aux changements qui vont être introduits dans leur mode de vie et habitudes. Quant au personnel des banques, il estime que ce changement n’aura aucun impact ni sur l’activité professionnelle ni sur les habitudes sociales, mais émet toutefois le souhait de l’introduction du vrai week-end universel, samedi et dimanche, au lieu du vendredi et samedi. «Le secteur bancaire continuera à fonctionner comme il le fait, du dimanche au jeudi», indique le directeur d’une agence de la Banque extérieure d’Algérie, qui a voulu garder l’anonymat. Idem pour les services des assurances : «Du dimanche au jeudi, aucun changement dans notre rythme de travail et de vie», dira un responsable d’une agence nationale des assurances à Alger. S’agissant du secteur éducatif, aucune décision n’a été encore prise à ce sujet. «Pour le secteur de l’éducation, rien n’est encore arrêté», selon une source dans le domaine. D’ailleurs, apprend-on, une réunion est prévue dans les prochains jours afin de fixer le nouveau calendrier. Pour le cycle du primaire, rien ne devrait changer dans la mesure où depuis déjà une année, il n’y a pas cours le jeudi. Et la reprise sera pour le dimanche. Tandis que pour les cycles moyen et secondaire, il est possible qu’il y ait cours le vendredi matin. Reste à savoir qu’en sera-t-il du repos du lundi après-midi ?
Y aura-t-il du nouveau ? Pas de réponse pour le moment. On attend la réunion décisive à ce sujet pour avoir plus d’explications et de détails. Pour l’enseignement supérieur et la recherche scientifique, c’est trop tôt pour déterminer quels seront les changements qui vont être introduits.
Le secteur de la poste et des technologies de l’information et de la communication, quant à lui, et selon le personnel d’une poste au niveau d’Alger, on apprend qu’aucune note n’a été prise en ce sens, mais l’on s’interroge, toutefois, sur l’emploi du temps du vendredi. «Travaillera-t-on seulement la matinée du vendredi ou toute la journée en sachant que la plupart sécheront l’après-midi ?», s’interroge le personnel, d’autant que «l’Algérien s’est habitué à se reposer après la prière du vendredi». Mais selon un responsable d’Algérie Poste, «la poste ouvrira ses portes dorénavant le vendredi matin et sera fermée à l’heure de la prière jusqu’à dimanche». Quant aux pharmacies et autres commerces rien n’est encore décidé. Ce qui est sûr c’est que la majorité est d’accord pour ne pas ouvrir vendredi et s’ils ouvrent c’est juste pour la matinée. Il y a lieu de noter que l’aménagement et la répartition des horaires de travail dans les institutions et administations publiques, fixés du dimanche à jeudi ont été déterminés par le décret exécutif n°09-244 du 22 juillet 2009, modifiant le décret exécutif n°97-59 du 09 mars 1997. Les horaires dans les conditions normales de travail sont fixés de 8h00 à 12h00 et de 13h00 à 16h30. Il est prévu une heure de pause entre 12h00 et 13h00. Alors que pour le sud du pays, à savoir les wilayas d’Adrar, Tamanrasset, Illizi, Tindouf, Béchar, Ouargla, Ghardaïa, Laghouat, Biskra et El Oued, l’aménagement des horaires de travail est fixé, durant la période allant du 1er juin au 30 septembre, les horaires de travail sont fixés de 7h00 à 12h00 et de 12h30 à 15h00. Par ailleurs, en optant pour les journées de vendredi et samedi comme week-end, l’Algérie devient ainsi le treizième pays arabe à adopter cette décision. A titre d’information, avant l’Algérie, les Emirats arabes unis, la Syrie, le Soudan, la Mauritanie, le Qatar, Bahreïn, le Koweït, l’Irak, la Jordanie, la Libye et l’Egypte avaient adopté le week-end semi-universel (vendredi et samedi). L’Arabie saoudite reste ainsi le dernier pays arabe à maintenir les jeudi et vendredi comme week-end hebdomadaire. Dans le monde arabe, seuls le Maroc et la Tunisie ont un week-end universel, à savoir samedi et dimanche.


-----------COMMENTAIRE





- Silence à l'assemblée, on se prépare au pire, aprés les célébrations du 5 Juillet dans le faste et les masques, on se reposera plus les vendredi et Jeudi, ce sera le Samedi pour prier , et tant pis pour le nif, la souveraineté et les anciens, et pour Vendredi qui sera coupé...pour voir.

- Silence dans les lieux de culte, la rue, les stades, et les plages, car les chomeurs peuvent prier tous les jours, Allah ghaleb, les hommes ont fait ce qu'ils ont pu.Du donnant pour rien. Les décisions continuent à sortir du même trou noir, ou la démocatie esT synonyme du seul droit de se taire.

- Déja le Ministère du couffin de Ramdhan, renforce ses bases, on pense au peuple qui doit avant tout manger , et au fameux 3-2-5 local ...grâce à la magestic minority qui se vautre au pouvoir et qui ne le lachera pas ...à ces colones qui gardent de prés des opportunistes - payés chomants - techniciens au pied de la princesse de la gabégie...celle qui a battu le monstre extremiste, vaincu les velleités séparatistes et fortifié tous les goulags.

-Vive le système financier international, il est le seul capable de trancher en cas de doutes.Il collecte l'argent, sait le fructifier. TOut se fait autour de cette gestion....
Pour les autres, attendez le Messie, ce 27 jour du destin.

NB/ ne m'en voulez pas, pour le patois clair, je viens de sniffer de la farine d'orge de montagnes libres produite par des oubliés qui suent tous les jours, pour le repos et la prière du vendredi... ça vous remet les pendules à l'heure.

samedi 4 juillet 2009

Quand " Deterrent " en Pakistanais, veut dire guerre préventive en Américain.

Les questions suivantes sont liées à l'interview qui suivra...


- Pourquoi, si l'on est sioniste- comme un fait avéré, déclaré- n'a-t- on pas le droit de porter un regard critique sur le monde arabe et musulman (supposé impartial et sans haine!) , sans être lynché sur le Net...Nous avons, en tant internautes mis notre nez partout ou l’injustice a été flairée, encouragé les manifs contre les Israéliens, et surtout le mouvement des Refusniks ...ce qui a aidé certains racistes à se voir sur un miroir? Et en plus, arraché le droit de dire que la guerre contre tous les Sionistes est à enclencher?

- Pourquoi, si on est Sioniste, doit-on défendre sa Judaité tout le temps, ou blatérer contre l'anti-sémitisme ?

- Pourquoi, dans cette interview, ou dans toute polémique "philosophante" (qui sonne comme industrialisante), on oublie d'étudier la possibilité que cet Etat Sioniste d’occupation, qui tue des civils et de enfants, va se désintégrer en raison de son incapacité intérieure à gérer sa vie économique et politique, plutôt qu'en raison de son voisinage hostile? Serait-t-il au dessus des crises qui secouent le monde plus ouvert su les thèses de l'hostilité du voisinage?

- Pourquoi est-ce qu'aucune question n'a lié le dilemme du Sionisme- Judaïsme, à l'idée forte- raciste , avancée par les dirigeants Israéliens, que les Palestiniens devraient (obligatoirement) reconnaitre d'abords_ et avant toute tentative de bien considérer la question des relations entre les deux supposés Etats ( Palestinien: non reconnu par les Israéliens, et Israélien non reconnu par quelques autres)_ et jurer par le statut Juif de l'état d'Israél? Cela signifie-t- il, qu'Israél n’est pas Sioniste? Que toutes ces années, les Palestiniens ont été exterminés plus lentement que les Musulmans en Irak et en Afghanistan, mais plus systématiquement, pour d'autres raisons que les "projets sionistes"? Par exemple, pour perpétuer les vieux projets de colonisation à l'occidentale? Ces projets se profilant- ils encore et encore, alors que les tendances à l'anti- Juif refont surface en Europe et dans le monde arabe pour justifier la fièvre de la seconde Guerre mondiale?

- Et pourquoi ne pas creuser l'idée (rapport direct entre politique en Palestine occupée et USA) , que l'ère Bush , qui n' a rien fait gagner aux américains sur les plans socio-économique, confortée par le 11-9, a ouvert les portes de l'enfer sur le monde, avec l'invasion de l'Irak et l'Afghanistan, et entrainé tout l'occident dans une aventure désastreuse? Pourquoi ne pas ajouter que cette politique se poursuit autrement? Certes, il n'a ya plus le libellé "guerre préventive " affectionné par Bush; mais des nouveaux justiciers comme Zardari, ont parlé de "detterent measure " en massacrant les réfugiés Afghans de la vallée de Swat. Ce qui revient au même. ..


La fuite en avant occidentale: campagne médiatique contre l'Iran, tribunal contre le Président Soudanais (qui doit être jugé par les siens, s'il est coupable), soutien à Israël sans bornes, n'aidera pas à trouver un équilibre. Des vents de grave injustice frappent le monde depuis les guerres du Golf, aux campagnes contre l'Afghanistan. Ils créent une situation de déséquilibres latents, de comportements de dictateurs ingrats et de conduites que ni la morale ni le bon sens ne sauraient tolérer. Et il ne faut surtout pas croire ni prétendre qu'une communauté religieuse donnée, ou qu'un lobby donné, sont à même de trouver les solutions adéquates, si la sagesse était de mise. Il faut une justice à secouer les montagnes, pour que tout ce mal honteux s’efface partout.




Entretien avec l'historien Paul-Eric Blanrue

A l'occasion de la parution de son dernier livre, l'historien Paul-Eric Blanrue a accepté de répondre à nos questions. Internet est un des moyens d'échapper à la censure démocratique et libérale qui consiste à promulguer la liberté sauf quand cette liberté dérange. Le dernier
ouvrage de Blanrue, Sarkozy, Israël et les juifs, est ainsi publié par un éditeur belge et non diffusé en France par le diffuseur de cet éditeur, pas davantage que par les traditionnels éditeurs français de Blanrue. Pourtant, il ne s'agit pas d'un livre tombant sous le coup de
la loi française, ni d'un livre à caractère raciste. Dès lors, il faut se poser la vraie question de cette curieuse omerta : si Blanrue dérange, pourquoi? Serait-ce parce qu'il raconte n'importe quoi? Dans ce cas, il ne sera pas ainsi censuré. Parce qu'il commet quelques erreurs? Qui ne commet pas d'erreurs? Au demeurant, factuellement, son livre paraît si peu attaquable que ceux qui s'y sont essayés se sont cassés les dents ou ont produit des raisons peu raisonnables. La réponse me paraît résider dans l'entretien qui suit, où Blanrue montre que la qualité de sa réflexion se situe très au-dessus des interventions des experts officiels des médias de France, d'Europe ou d'Occident (au sens étymologique, mais aussi au sens des pays de
l'OTAN). On pourra aussi se procurer avec profit son ouvrage par Internet, au site suivant :
http://www.oserdire.com/

1) Vous faites (justement) la distinction entre judaïsme et sionisme,
quasiment pas entre sionisme et engagement pro-israélien. Pensez-vous
vraiment que l’idéologie sioniste s’est dissoute avec la création
d’Israël ou ne faut-il pas estimer que la création de cet Etat a
renforcé le sionisme, avec (notamment) un nouveau combat : la défense
des valeurs israéliennes ?

Blanrue : On peut gloser à l’infini sur la définition des mots, mais je
préfère rester simple et concret. Le sionisme d’antan (disons celui de
Herzl, qui consistait à créer un « foyer national pour les juifs »)
n’est plus le même que celui d’aujourd’hui, ne serait-ce que parce
qu’il y a eu entre-temps, en 1948, la création de l’État d’Israël.
C’est un fait. Certains universitaires construisent des théories sur le
« post-sionisme ». Pour ma part, je considère que le vocable d’origine
est toujours pertinent, puisque les militants pro-israéliens eux-mêmes
l’utilisent et s’en revendiquent, comme la Wizo (Women’s international
zionist organisation), la Fédération des sionistes de France, des
personnalités éminentes comme Patrick Klugman, cofondateur de SOS
Racisme et ancien président de l’UEJF (Union des étudiants juifs de
France), ou encore, pour l’Amérique, un personnage tel que Joe Biden,
l’actuel vice-président des États-Unis. Maintenant, que mettre dans ce
mot ? Je définis le sionisme présent comme l’idéologie politique de
l’État d’Israël, étant compris comme l’État juif (ou des juifs), quels
que soient les gouvernants qui se succèdent à sa tête. C’est une
mystique laïque qui double la religion juive traditionnelle - ce qui
amène, à juste titre, certains rabbins à se déclarer antisionistes, à
l’image des religieux juifs de l’époque de Herzl qui avaient compris
d’instinct la dérive qu’allait entraîner cette nouvelle idéologie. Le
sionisme d’aujourd’hui réside donc selon moi, essentiellement, dans le
fait de lier intimement son identité personnelle au destin de l’État
juif. Il n’est ainsi nul besoin d’être d’origine juive pour être
sioniste : on le constate avec les évangélistes américains, dont
certains sont même de farouches antisémites qui nourrissent des
attentes eschatologiques. Il faut ainsi reconnaître que la création
d’Israël a considérablement renforcé le sionisme tel que je le définis,
en lui conférant une orientation nouvelle, celle de renforcer l’assise
d’un État et son expansion par tous les moyens.

2) Que pensez-vous du travail de l’historien Shlomo Sand, qui dissocie
la mythologie sioniste s’appuyant sur les récits du Pentateuque de
l’histoire factuelle, notablement différente (et plus compréhensible) ?
Sand confirme en particulier deux processus capitaux : le judaïsme des
premiers siècle chrétiens était prosélyte ; les origines des deux
principaux foyers du sionisme émanent de ces conversions, via les
Ashkénazes d’Europe centrale et les Sépharades issus pour partie de
foyers germains. En gros, le judaïsme serait un monothéisme enraciné
dans l’histoire occidentale plus qu’orientale…

Blanrue : Avant d’évoquer les travaux de Sand, il convient de rappeler
qu’il est déraisonnable et absurde de réclamer la restitution d’un
territoire prétendument perdu il y a 2000 ans : si chaque peuple
entretenait de telles chimères, la géographie politique du monde serait
bouleversée à chaque instant et une nouvelle guerre éclaterait à chaque
seconde. L’intérêt des travaux de Sand est d’en appeler à la raison :
il démontre que la revendication sioniste du « retour » est illégitime
d’un point de vue factuel. À s’en tenir aux données historiques, les
véritables descendants des juifs du Ier siècle sont les actuels
Palestiniens. On peut aller plus loin que Sand dans la déconstruction,
pour employer le mot fétiche de Jacques Derrida ; je vous engage à
lire, à ce propos, les livres de l’archéologue Israël Finkelstein, qui
réduit à néant les prétentions historiques de la Thora (La Bible
dévoilée, par exemple), ou ceux de l’universitaire Thomas Thompson (The
Mythic Past, The Messiah Myth, etc.), qui démontre que le Temple de
Salomon ou les aventures du roi David ne sont que de pieuses légendes
compilées tardivement. « Monothéisme occidental », dites-vous : c’est à
voir… Il n’y a certes pas de pureté des origines dans la religion
juive. Orientale de prime abord, la religion juive antique est un
phénomène syncrétique. Ainsi, la prétention de cette religion à être le
berceau du monothéisme n’est pas acceptable d’un point de vue
historique. La Thora amalgame des mythes sumériens, égyptiens,
mésopotamiens, sans oublier l’apport grec et perse pour ce qui est,
précisément, de la construction du Dieu unique : dans la Thora, on ne
passe que progressivement d’un polythéisme implicite, à tendance
monolâtrique, à un monothéisme explicite. La tendance la plus
universaliste du judaïsme, celles de Prophètes, a engendré le
christianisme ; la tendance antigréciste a donné le judaïsme
talmudique, qui s’éloigne du judaïsme mosaïque ancien et a créé une
forme nouvelle de religion, celle des rabbins et des synagogues, qui
aura tendance à se refermer sur elle-même. Les rabbins de l’époque
médiévale ne lisent pas le Nouveau testament et n’ont qu’une faible
connaissance de la civilisation chrétienne. « L’occidentalisation » de
la culture juive est donc très relative. Le judaïsme des 2000 dernières
années est aussi une ablation de « l’Occident ». Sand, lui, parle de la
fabrication du concept de « peuple juif ». C’est autre chose. Il
démontre qu’il n’existe pas de « peuple juif » d’un point de vue
objectif. Cette idée apparaît, comme le sionisme, à une époque récente
et se forge dans le cadre « occidental ». Ce qui démontre que le
concept de peuple juif n’a rien à voir avec celui de religion juive,
plus ancienne et orientale-syncrétique. Cela ne fait pas pour autant du
judaïsme un occidentalisme. Pour moi, qui suis rationaliste, le
judaïsme doit d’abord et avant tout être considéré comme une religion,
contrairement à ce que prétendait Herzl hier ou BHL aujourd’hui, car
c’est ce qu’il est objectivement. Herzl lui-même était agnostique et
considérait que les croyances ancestrales de ce qu’il définissait comme
son peuple, son ethnie ou sa race, ne constituaient qu’un outil de
propagande utile destiné à encourager les juifs à quitter leurs pays
pour rejoindre un « foyer juif » (qui n’était d’ailleurs pas forcément
situé en Palestine à l’origine). Le sionisme a peu à peu effacé la
religion juive des pères. L’Israël politique n’a pas sécularisé une
religion : il l’a détournée de son sens.


3) On glose souvent sur le sionisme qui dominerait l’Occident,
notamment les Etats-Unis et l’Union européenne. Le boycott de votre
dernier ouvrage semble confirmer cette tendance. Le silence complice
des instances occidentales lors de l’opération honteuse et sanglante de
Gaza également. Pourtant, quand on analyse l’histoire du sionisme, on
se rend compte que le sionisme a d’abord été créé par des hérésies
protestantes comme les restaurationnistes. Vu votre connaissance des
réseaux sionistes français, ne pensez-vous pas qu’il conviendrait
plutôt de renverser l’analyse et de proposer que le sionisme est
l’enfant – ingérable, capricieux et gâté – de l’Occident impérialiste ?
Israël serait ainsi l’un des visages du néocolonialisme occidental et
l’une des incarnations territoriales de cet impérialisme occidentaliste
travesti en libéralisme universaliste. Israël manifesterait sans doute
un comportement égocentrique et indépendant, mais les Occidentaux se
serviraient au moins autant d’Israël que l’inverse ? La servilité des
Occidentaux s’expliquerait moins par la lâcheté ou la subordination que
par la complicité, voire la manipulation… À l’appui de cette thèse,
mentionnons le refus récent de l’administration Obama de suivre les
Israéliens sur le terrain d’une guerre préventive contre l’Iran : on a
constaté le résultat…

Blanrue : Il n’y a pas à douter 1° que le sionisme est la création de
son époque, celle du « fait national » et du colonialisme du XIXe
siècle, 2° que sa naissance a lieu en Europe et 3° enfin que le
judaïsme n’en est pas la seule composante. L’esprit colonial européen
l’a donc bercé. Le sionisme se résout-il toutefois à n’être qu’une
extension de l’esprit colonial européen ? Le sionisme est certes une
tentative d’imiter le mouvement colonial européen. Il a été appuyé à
cet égard par l’une des principales puissances coloniales, la
Grande-Bretagne, à des fins politiques. On remarquera en revanche que
c’est une forme originale de colonisation, sans métropole, qui la
distingue radicalement des autres formes de colonisations européennes.
Par ailleurs, le concept « d’Occident » est depuis longtemps périmé :
je ne vois pas quels intérêts ont en commun la France et les États-Unis
(que certains voudraient confondre dans la trop vaste et trop vague
notion d’Occident) sur la question d’Israël, ni en quoi Israël est un
relais de l’Europe au Moyen-Orient ou contribue à y défendre ses
intérêts. Cette vue de l’esprit était celle de Herzl, qui cherchait à
convaincre les financiers de l’aider dans son projet de conquête en
leur promettant que son pays de cocagne serait le « bastion avancé de
la civilisation contre la barbarie » : ce n’est pas pour autant que son
slogan publicitaire correspond à la réalité ! En fait, on remarquera
que les mouvements de capitaux se font plutôt de l’Europe ou de
l’Amérique vers Israël que l’inverse. Les États-Unis ont un intérêt
géostratégique certain dans la région, inutile de le démontrer à
nouveau : Israël leur permet de contrôler le gaz et le pétrole au Moyen
et au Proche-Orient. Mais l’Europe ? Songez, par exemple, aux sommes
faramineuses que l’Allemagne doit payer comme répération aux rescapés
des camps de concentrations réfugiés en Israël : à quoi cela lui
sert-il ? N’oublions pas que la servilité des « occidentaux » à l’égard
de l’État juif, pour reprendre votre expression, s’explique en majeure
partie par la Seconde Guerre mondiale et l’immense sentiment de
culpabilité qui s’en est suivi, nourri chaque jour par l’idéologie
sioniste, dont les relais, face à toute contestation, procèdent à la
reductio ad hitlerum afin d’écraser leurs adversaires comme des
mouches. L’Union des patrons juifs de France (UPJF) promeut déjà l’idée
d’une loi « Martin Luther King », qui vise à assimiler légalement
l’antisionisme à l’antisémitisme. C’est totalement aberrant. Pour en
revenir à l’objet de mon livre, je montre que Nicolas Sarkozy a utilisé
les réseaux sionistes pour réaliser ses ambitions politiques : de
manière démagogique, il a repris les thèmes de Le Pen pour être élu à
la présidence en 2007 et s’est assuré une immunité en s’associant avec
le lobby pro-israélien américain et ses relais français, qui l’ont
préservé de toute attaque d’envergure sur ce plan. Ces réseaux sont
devenus son plus ferme soutien. Résultat : aujourd’hui, Sarkozy va
encore plus loin qu’Obama dans la critique d’Ahmadinedjad ou dans la
vénération d’Israël. Il est devenu, avec une guerre de retard, un «
Bush à la française », comme l’a dit récemment l’hebdomadaire Marianne.
Mais en quoi la France est-elle gagnante dans cette politique ? Elle
subit elle aussi les pressions sionistes de toute sorte. Ses hommes
politiques reçoivent des consignes des associations pro-israéliennes,
qu’il ne leur serait pas pardonné de ne pas respecter scrupuleusement.
Où est passée notre indépendance nationale, notre souveraineté ? La
politique de Sarkozy, fracture dans l’histoire de la France
contemporaine, conduit notre pays dans le mur en l’associant à la
politique irrationnelle de l’État juif qui a besoin de guerres pour
assurer sa cohésion interne et qui tente de résister à la décadence en
s’auto-illusionnant sur sa force. La politique précédente des
gouvernants français, dénoncée comme « arabe » par ses ennemis, mais
qui était en réalité neutre, prudente et équilibrée, était plus
conforme aux intérêts de notre pays, ainsi qu’à la justice et à la
morale.

4) Pour poursuivre dans cette veine interprétative, ne croyez-vous pas
que le sionisme serait une sous-idéologie, un hybride entre communisme
et libéralisme (pour synthétiser) et que le vrai ennemi de la liberté
ne serait pas cette sous-idéologie, mais ce que le géopoliticien
Hillard a appelé le mondialisme par distinction avec le processus de la
mondialisation ? La mondialisation suivrait le cours de l’histoire
humaine, qui tend vers la globalisation et l’expansion, quand le
mondialisme serait cette idéologie issue des cercles appelant à stopper
le processus d’expansion au niveau de la domination du monde.

Blanrue : Le sionisme est le premier mouvement « rouge-brun » de
l’histoire. On y trouve en son sein des extrémistes de gauche charriant
le mythe des kibboutzim et des ultra-orthodoxes de la droite radicale.
C’est la mystique d’Israël comme État juif qui les maintient tous unis.
Pour autant, je ne définirai pas le sionisme comme une hybridation,
mais plutôt comme un système dégradé et contradictoire qui ne tient en
place que dans la glorification d’une entité artificielle « déifiée »
qui ne perdure que grâce à la recherche d’un ennemi commun à abattre,
qui permet de gommer les antagonismes internes à effet centripète. Dans
ce cadre, l’idéologie mondialiste est à la fois le meilleur ami et le
pire ennemi du sionisme. L’ami, car Israël reste un État à part, qui se
dit prêt à accueillir tous les juifs du monde, quelles que soient leur
nationalité d’origine, avec une « loi du retour » beaucoup large que la
notion mosaïque, puisque, depuis 1970, elle est étendue « aux enfants
et petits-enfants d’un juif, à son conjoint et au conjoint d’un enfant
ou d’un petit-enfant d’un juif ». Ennemi, car le métissage des jeunes
générations et la démographie galopante de Palestiniens sont des
phénomènes qui vont irrémédiablement entraîner l’État juif sur la pente
du déclin, comme le note Jacques Attali, qui lui accorde encore un
maximum de 50 années d’existence. Je crois qu’il est optimiste.


5) Récemment, les élections européennes françaises ont suscité un
certain débat avec la liste antisioniste de Dieudonné et Compagnie
cantonnée en Ile-de-France (bel exemple de parisianisme fort peu
républicain !). Cette liste a connu un succès certes fort mitigé, mais
moins étriqué que ce qu’on avance souvent. Pensez-vous vraiment que
l’antisionisme puisse incarner un programme politique cohérent,
notamment en France ?

Blanrue : Pour le moment, on n’a pas vu de programme antisioniste
réellement cohérent, mais plutôt un mouvement d’humeur catalysant un
ras-le-bol face aux prétentions politiques et aux privilèges des
représentants de la communauté juive (dîner du CRIF, loi Gayssot et
autres), qui entendent parler au nom des juifs, alors qu’ils n’en
représentent au mieux qu’un sixième et travaillent essentiellement à la
promotion du sionisme sans se soucier des intérêts réels de leurs
coreligionaires. Au bilan, les résultats des urnes sont mitigés. Le
vote semble plus ethnique que proprement idéologique. J’ignore si
aujourd’hui, dans notre société telle qu’elle est, une liste purement
antisioniste a quelque chance de succès. Pour susciter l’engouement
populaire, un programme positif me paraît nécessaire. Il est certain,
par exemple, que des personnalités remarquables comme Roland Dumas ou
Dominique de Villepin n’ont pas eu à se revendiquer de l’antisionisme
pour réussir à maintenir la souveraineté nationale lorsqu’elle était en
péril face aux prétentions d’Israël.

6) Vous donnez quelques conseils aux sionistes pour éviter de possibles
violences vengeresses à l’avenir. Pourtant, depuis l’assassinat de
Rabin en 1995, la politique israélienne n’a cessé de connaître une
surenchère dans la violence et le bellicisme, au point que Sharon a été
détrôné dans le paroxysme néo-colonial qu’il incarnait (souvent) par
Netanyahou et son improbable ministre des Affaires étrangères. Un
LaRouche aux Etats-Unis (énième bouc émissaire accusé d’antisémitisme)
explique qu’Israël est pris dans une spirale autodestructrice,
contrairement à l’erreur d’optique qui considère la violence
israélienne comme toute-puissante, notamment dans la région du
Proche-Orient. A l’aune de cette fuite en avant, que pensez-vous de
l’alternative à la guerre perpétuelle qui est présentée comme la
solution de la sagesse et du progressisme et qui appelle à la création
de deux Etats, l’un israélien et l’autre palestinien ? N’est-ce pas une
gageure proposant un néo-apartheid moralement inadmissible et
concrètement inapplicable ? Soit une fausse solution permettant de
différer la résolution d’un vrai problème ?

Blanrue : La proposition des « deux États » comme solution au conflit
israélo-palestinien n’est déjà plus tenable. Stéphane Hessel, y a déjà
répondu. Dans mon livre, je cite cet ancien déporté à Buchenwald, l’un
des « pères » de la Déclaration universelle des Droits de l'Homme, qui
a déclaré à la fin de 2008 : « À la suite de ce qui s'est passé depuis
l'évacuation des colonies israéliennes à Gaza, depuis l'enfermement de
ce petit territoire qui n'a plus de contacts avec le monde extérieur,
depuis qu'il y a le Hamas d'un côté et le Fatah de l'autre, la seule
solution qui apparaissait raisonnable et possible des deux États
–israélien et palestinien – vivant côte à côte à la suite d'une
négociation, n'est plus d'actualité. Tous nos interlocuteurs sur place
nous ont dit : “ C'est out ! Ce n'est plus possible !“ Pourquoi ?
Essentiellement à cause de la façon dont les Israéliens ont continué à
coloniser la Cisjordanie et n'ont rien fait pour faciliter le travail
de Mahmoud Abbas. Aucun de ces problèmes n'ayant évolué ces dernières
années, la solution de deux États est devenue caduque. » Il n’y a rien
à ajouter.


7) Qu’est-ce que l’antisionisme ? Se montrer antisioniste, est-ce
souhaiter la disparition d’Israël ? Si l’antisionisme ne correspond pas
à cette dernière option mentionnée, ne doit-on pas en conclure que le
sionisme et le pro-israélisme ne correspondent pas, en tout cas tout à
fait ?

Blanrue : Il y a autant de types d’antisionistes que de sionistes. Je
ne connais personne qui souhaite la disparition physique de l’État
d’Israël, et sûrement pas le président Ahmadinedjad dont on a détourné
les paroles de leur véritable sens (pour lui, le « régime d’occupation
en Israël » devra « être effacé des pages du temps », ce qui n’a rien à
voir avec l’élimination d’un État). En revanche, l’un des points
communs des antisionistes, c’est de ne pas se satisfaire de la
situation qui règne en Israël et à laquelle on nous contraint
d’assister en France sans qu’on ait le droit de la critiquer sous peine
de nous faire qualifier de noms passibles du tribunal correctionnel.
L’une des définitions possibles et raisonnables de l’antisionisme
tiendrait, pour reprendre le terme utilisé par Jimmy Carter, dans le
fait ne pas accepter qu’Israël continue d’être un État juif pratiquant
une politique d’apartheid.

8) Ne pensez-vous pas que la toute-puissance unilatérale du sionisme
cache l’affaiblissement obvie, quelque chose comme le chant du cygne de
cette idéologie et de la politique pro-israélienne ? La crise
systémique actuelle, qui est tout sauf terminée, affecterait en premier
lieu les intérêts sionistes – le sionisme comme l’arbre qui cache la
forêt mondialiste. Le rempart moral de l’antisémitisme n’empêche plus
aussi efficacement qu’autrefois les protestations (de plus en plus
nombreuses) contre les dérives et les abus, notamment lors des
dernières manifestations de la politique israélienne. Les défenseurs du
sionisme sont de plus en plus contestés, surtout les inconditionnels,
comme BHL et Consorts, qui passent de plus en plus pour des
propagandistes, parfois clairement mensongers (voir notamment le
drolatique épisode de BHL en Géorgie).

Blanrue : Le sionisme touche à sa fin. Tous les indicateurs montrent
que nous sommes à un tournant de l’histoire. C’est pourquoi les
sionistes sont si nerveux, commettent tant d’impairs et sont dans une
politique de fuite en avant désespérée. Si je prends mon cas personnel,
le fait que l’on ne me laisse pas la parole en France, qu’on «
black-oute » mon livre (le diffuseur français de mon éditeur belge a
refusé de le distribuer dans les librairies françaises, alors qu’il
n’est ni interdit ni poursuivi), est révélateur du délabrement du
sionisme français, qui est paradoxalement au pouvoir depuis Sarkozy.
Aux États-Unis, le lobby pro-israélien est encore fort et sûr de ses
prérogatives, même si l’affaire Madoff l’a quelque peu ébranlé : du
coup, il laisse un espace de liberté à ses opposants. En France, les
réseaux pro-israéliens, certes influents, sont dans un état de
décrépitude avancée, s’étripent et doutent d’eux-mêmes, avouant ainsi
leur faiblesse latente : voilà pourquoi ils laissent moins de liberté
d’expression à leurs adversaires. Ils craignent qu’on montre en plein
jour leurs incertitudes, leurs égarements, qui sont autant de signes
avant-coureurs de leur défaite annoncée. Je leur demande de reprendre
l’initiative, puisqu’ils ont contribué à mettre au pouvoir leur
homme-lige, et de nous démontrer qu’ils ont encore capables de
supporter la discussion. C’est pourquoi j’appelle, dans mon ouvrage, à
une nouvelle « nuit du 4 août » : que les privilégiés, mis en
difficulté, renoncent à un certain nombre de leurs privilèges et
prouvent qu’ils sont enfin prêts à faire baisser des tensions qui ne
peuvent qu’être préjudiciables à terme pour la communauté qu’ils sont
censés représenter ainsi qu’à la nation tout entière. « La régénération
nationale exigera la destruction de nombreux privilèges », écrivait Che
Guevara. Cet enseignement est plus que jamais à méditer !

dimanche 28 juin 2009

Fin de la tolérance au pays des démons et des anges.

Paris: fin de la tolérance au pays des démons et des anges.


Une fois les troupes de l'OTAN bien installées en Afghanistan, l'odeur de la mort de Talibans ayant encensé les lieux jonchés par les cadavres. Dans notre culture, les âmes sont au paradis. Sur terre, que reste-t- il? Des femmes en burqa , et des enfants qui errent, sans écoles (car elles ont été détruites) , sans abris, des convois sillonnent leur contrées ancestrales, sans frontières entre le Pakistan, l'Iran et l'Afghanistan. Ailleurs, loin au pays "des Démons et des anges", les démons de l'intolérance sont de retours. La gloire de l'occident n'a jamais aussi bien brillé qu'en Irak et en Afghanistan !...
Et dans les villes de grande mode, les images colorées affichent les photos d’épouses de dirigeant arabes ( sans façons Mesdames, quelle maladresses) montrant leur engouement pour la mode , à coté de femmes en burqa montrées du doigt...Aucun geste( ni de monarque, ni de dirigeant, ni d’intellectuels) pour ces sœurs en détresse ,acculées , par des hommes et des femmes qui affichent leurs mépris...les démons de l'intolérance sont de retours.... il n 'y a pas de photos de Mussolini ou d'Hitler, mais ce qui est certain, selon des bloguers, c'est que l'histoire se répète, jamais, les collabos, harkis et nouveaux riches de la pègre - " héros du monde" n'ont fait aussi bon ménage.

Oui , plutôt des déclarations qui montrent le mépris d'une guerre contre le vestimentaire... contre des femmes entre le fer de projets de lois méprisants et l'enclume des textes religieux, le résultat de cette sauce " si tu portes la burqa , reste chez toi, cache toi, car on ne tolère pas la soumission, on la cache!" la loi hypocrite n'est pas une nouvelle invention....Les femmes en burqa ou voilées font face au même dilemme dans les prétendus pays arabes. Depuis des années...le problème du chômage s'est longtemps fait appréhender sur le dos. Les femmes, comme toujours, font les frais des guerres en phases finales, du chômage, des crises économiques, elles paieront ...tu paies, tu paieras de ce coté de la rive ou de l'autre, pour la déroute de tes hommes.

Certains, sont choqués et se demandent pourquoi, la " Rue arabe et musulmane" a exprimé son franc soutien pour le conservateur Nadjad, en Iran, c'est que son projet, qui n'a pas certes pas résolu le grand problème des crises économiques dans le Monde, a au moins deux mérites:

- Premièrement, il se penche sur les problèmes des misérables, autrement dit, ils font largement partie de ces préoccupations futures. Et c'est ainsi, ou bien on est orienté vers cela, ou c'est la tendance pour les capitaux qui génèrent les capitaux , du coup on est dans le collimateur des grandes organisations axées sur les capitaux, avec leur cortège médiatique. Dans le monde musulmans, si les sunnites écoutent et aiment les Cheikhs de la Mecque, ils apprécient et respectent des dirigeant qui assument leurs responsabilités envers le Monde musulman, même s’ils sont Chi’ites. « Divers, mais le cœur uni ». De plus, nous avons des versets coraniques sur la misère engendrée par la suprématie des capitaux, qui tranche certaines questions d’ordre moral.

- Deuxièmement, il a permis- et ça c'est très crucial- aux femmes d'exercer au sein de la société. Des femmes avec le tchador, sont médecins, professeurs, artistes, et femmes de ménage...C’est un équilibre qui vaut toutes les libertés...


Ce soutien n'est pas sans ombrages, car, la Rue Arabe, si l'on peut dire, considère le système Iranien avec un oeil critique, et c'est presque aussi égal que l'opinion qu'elle porte a l'Occident , qui semble aujourd’hui se glisser derrière le tableau de la ville « des anges et des démons". Ou presque, car ce qui est certain, Mme Aubry ou Mr Sarkozy ne font pas l’Occident. Mr Sarkozy étant d’origine d’immigrants, (Nord Africaine saucé à l’Hongrois), a fait, et continue de faire du mal aux immigrants. C’est dommage. Mme Aubry est une femme au pouvoir, et les femmes – toutes les femmes, attendent - peut être que c’est naïf- beaucoup de leur compères femmes, et ne comprennent pas pourquoi elles sont les premières à appeler à la répression, car souvent, elles le font avec plus de détermination que les hommes.

samedi 20 juin 2009

Fais comme ton voisin ou change de palier

Sur le site

/http://www.lepoint.fr/actualites-monde/2009-06-20/iran-la-communaute-internationale-inquiete-apres-le-preche-d-ali/924/0/354254

personne n'a laissé de commentaires...

L'article

Les pays occidentaux ont appelé Téhéran à faire preuve de retenue vendredi après les déclarations du guide suprême iranien, Ali Khamenei, tandis que Washington disait refuser de servir de "repoussoir" dans le débat iranien. Ali Khamenei a mis en garde contre la poursuite des manifestations et apporté son soutien à la réélection controversée du président Mahmoud Ahmadinejad. Il a mis en cause la Grande-Bretagne, huée par les fidèles pendant son prêche. A Washington, le président Barack Obama a averti l'Iran que "le monde observe" son comportement dans la crise consécutive à ce scrutin contesté. La façon dont les dirigeants iraniens "traiteront des gens qui tentent d'être entendus par des moyens pacifiques donnera, je pense, à la communauté internationale une bonne idée de ce qu'est ou n'est pas l'Iran", a-t-il ajouté. Auparavant, le porte-parole de la Maison Blanche, Robert Gibbs, avait souligné que les États-Unis n'entendaient "pas servir de repoussoir ni de punching ball dans un débat qui se déroule en Iran entre les Iraniens". Robert Gibbs a aussi fait remarquer qu'on assistait "à quelque chose d'extraordinaire" à travers les événements actuels en Iran, "quelque chose que peu de gens auraient imaginé il y a encore quelques semaines ou quelques jours".
Les 27 chefs d'État et de gouvernement de l'Union européenne (UE) ont appelé les autorités iraniennes à garantir "le droit de tous les Iraniens à se rassembler et à s'exprimer pacifiquement" et "à s'abstenir de recourir à la force contre les manifestations pacifiques". "L'Union européenne observe avec une grande inquiétude les réponses aux manifestations à travers l'Iran. Elle condamne fermement le recours à la violence contre les manifestants qui a conduit à la mort de plusieurs personnes", ont-ils ajouté dans un
texte adopté vendredi au cours d'un sommet à Bruxelles. Les dirigeants européens ont mis en doute les propos d'Ali Khamenei qui a exclu la fraude, réclamant à nouveau une enquête et estimant que les résultats des élections "devraient refléter les aspirations et les choix du peuple d'Iran". Évoquant des "résultats incohérents", le président français Nicolas Sarkozy a appelé les dirigeants iraniens à "ne pas commettre l'irréparable" tandis que le ministère français des Affaires étrangères déclarait appuyer "le droit et le souhait des Iraniens à une transparence et à la verité".Manifestation interdite mais maintenueParticulièrement visé dans le prêche d'Ali Khamenei, Londres a pour sa part convoqué le chargé d'affaires iranien: "Nous avons clairement dit au chargé d'affaires iranien que les propos du guide suprême étaient inacceptables et non fondés sur des faits", a déclaré un porte-parole du Foreign Office dans un communiqué. Les pays occidentaux "ont montré leur vrai visage, en premier lieu le gouvernement britannique", avait lancé dans son prêche Ali Khamenei alors que la foule criait "À bas la Grande-Bretagne !" Le Premier ministre britannique, Gordon Brown, a tenu à faire savoir que la Grande-Bretagne n'était pas isolée dans ses critiques: "Le monde entier regarde l'Iran" et "le monde entier s'exprime", a-t-il déclaré, ajoutant : "Il est juste pour nous de défendre les droits de l'homme, de nous exprimer contre la répression, de condamner la violence et le fait qu'un média libre est empêché de faire son travail." "Et nous continuerons de le faire", a-t-il averti.
Les partisans de Mir Hossein Moussavi, principal rival d'Ahmadinejad, qui réclament l'annulation de la présidentielle du 12 juin, ont prévu de manifester une nouvelle fois à Téhéran samedi. Leur manifestation a été interdite mais maintenue. Selon Amnesty International, dont le siège est à Londres, dix personnes ont été tuées au cours des manifestations de l'opposition à Téhéran. Dans un communiqué rédigé avant le prêche d'Ali Khamenei, le Haut commissaire de l'ONU pour les droits de l'homme, Mme Navi Pillay s'est inquiétée du "nombre croissant d'arrestations, peut-être menées en dehors du cadre légal". Elle s'est également inquiétée "de la possibilité de recours excessif à la force et 'actes de violence par des membres de milices". Un porte-parole du Haut commissariat de l'ONU pour les droits de l'homme, Rupert Colville, a estimé à "plusieurs centaines" le nombre d'arrestations, entre "défenseurs des droits de l'Homme, journalistes, et chefs de partis politiques". L'avocate iranienne Shirin Ebadi, prix Nobel de la paix, a appelé "la communauté internationale à empêcher (le gouvernement iranien) de tirer sur le peuple". "J'attends de la communauté internationale qu'elle empêche la poursuite de la violence de la part du gouvernement. J'attends qu'elle empêche de tirer sur le peuple", a déclaré l'avocate.
Fin d'article.
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"quelque chose que peu de gens auraient

imaginé il y a encore quelques semaines ou quelques jours".

Les représentants officiels peuvent faire de telles déclarations, mais dans les forums et débats tout le

monde a le droit de mettre son nez là ou il le juge important. Laisser les Iraniens livrés à eux - mêmes va

conforter l'idée qu'il sont ou ne sont pas dignes d'être critiqués. Franchement; il ne s'agit pas de ça, car d'une frontière à l'autre, les ressemblances ne sont pas effacés par les nationalismes . Il y' a frilosité arabe dans l'air, et l'ajouter

au climat délétère actuel va enliser le tout dans le pourrissement .C'est la confiance qui règne , du genre "
qui se sent morveux se mouche!" C'est peut être ce qui explique , que d'une part les médias aient

exagéré les nouvelles, et que d'autres part les lecteurs et internautes se gardent de commenter. On parle plus des campagnes contre la burqa et le foulard.
De toutes les manières , au fond , les opinions diffèrent... entre ceux qui souhaitent faire poursuivre cette

mascarade et ceux qui pensent à l'avenir des nations qui ont leur poids, il y a toujours la voie des justes

,des sages et de la liberté. N'ayant pas pu me hisser à de telles niveaux, j'ai repris ma chère errance( que je ne troquerais contre rien!)...je cherche à comprendre


Que veut dire le mot liberté pour une Nation qui peine à s'affirmer ou qui se sent menacée. Les foules qui

gesticulent pour tel ou tel système n'ont certainement pas la moindre idée de ce qu'est cette question liée

à l'idée de Nation. Et les marées humaines ont tendance à tout emporter sur leurs voies. Les bonnes

comme les mauvaises choses. De toute évidence , la révolution Iranienne ne s'est pas fait en un jour et ne

s'est pas fait exporter comme il se doit- heureusement que les raisons qui ont retenu feu Khomeini

diffèrent de celles qui ont retenu Staline ( rechercher le spirituel plutôt que les facteurs matériels). Car les

arguments sur les recettes du pétrole qui ne font pas de miracles ne tiennent pas debout.
La crise économique actuelle a terriblement touché toutes les sociétés. Celles d'Eurasie en particulier. Les plaintes

liées à la pauvreté durent depuis longtemps.Déjà, à l'époque de l'après révolution tout friche, certaines

régions sont restés dans la misère héritée de l'ère du Shah un peu comme dans les pays fraichement

indépendants d'Afrique et d'Asie. Ces crises non- traitées ressurgissent de plus belle, en temps de guerre, ou dans les

moments de crise économiques si fréquentes après les guerres. Et la région, est un foyer de toutes les

tensions. Rien ne vaut la stabilité qui semble être un moyen efficace contre la misère?Oui, mais elle ne saurait être, si les valeurs de

liberté et d'indépendance venaient à être enterrées.
Il n y' a nulle crainte que la situation actuelle touche les régions voisines. D'autant que, parmi les masses des pays voisins , il y'en a qui, ont semble -t- il, voté pour des extrémistes notoires.Pour les élections des masses

arabes, je préfère me taire. Nous avons inventé "les Républiques Royales laïques" à force de tanguer

entre les révolutions, les rêves de Khilafa , les Royaumes et les Républiques laïques, en ces temps

délétères.
La preuve en est cette expérience lourde de conséquences qui a nous ouvert les yeux sur certains phénomènes. Les rues qui font l'expérience de

la démocratie*** peuvent être amenées a se partager en deux tendances ou plus, qui

va trancher et retrouver l'équilibre?

A ma connaissance ( si humble je le reconnais) il existe dans les sociétés du Sud les notions de CHoura,

de clergé neutre, la djammaâ ( des tribus nord- africaines) qui apportent un équilibre aussi efficace que

juste. Ce tiers de voix sages doit illuminer la voie de la Nation et remettre les pendules à l'heure.Car les

pratiques démocratiques chez nous - je ne trouve pas le mot..heu - ne sont pas "pas tout à fait ancrées dans les pratiques sociales " . Pour parler patois de chez nous ( fais comme ton voisin ou ...) afin de contourner la vérité sur les dictatures africaines...
être plus royalistes que les Rois, il n'y' que dans les pays arabo- musulmans qu'on titille sur les couches ultra- sensibles des candidats. On les veut plus modernes et certainement plus réceptifs dans un région qui a pondu des

régimes dont les leaders ( légalement élus) eux- mêmes affichent leur mépris et leurs idées

conservatrices.Citations?
- voir le dernier discours de MR Netanyahu, que j'ai tendance à relire en ce

moment d'extrême opacité , car tous les commentateurs s'accordent à dire qu'il a le "mérite d'être clair".
- Les priorités de la communauté internationale.


En fait, il s'agit d'un déni total des droits Palestiniens, pour rappeler les choses par leurs noms.( à suivre)



NB/ -
Entre un système qui pense dans ses projets aux démunis et un systèmes orienté sur les capitaux, que faut-il choisir?Même si la misère demeure un fléau au dessus des capacités des hommes, la volonté de le combattre doit transcender toutes les peines.

* Les femmes votent dans ce bled, et offrent un modèle ou la religion peut côtoyer la
modernité sans provoquer de fissures sociales. Des femmes medecins, professeurs, peintres et autres...portent leurs voiles sans soucis. Leur confession les regarde.

vendredi 15 mai 2009

Notes barbares sur le Streaming et Peer to Peer de l'autre côté de la Méditerranée.

Streaming et Peer to Peer de l'autre côté de la Méditerranée.

Chez nous, il y' a un proverbe qui dit "d’un voleur qui volerait un voleur, il y'a voleur aveugle"; je me suis toujours demandé le vrai sens sans y parvenir. Mai la vie enseigne des choses.

Il y'a dans les hémicycles des histoires qui devraient faire rougir leurs acteurs. Non pas de honte de ne pas savoir, mais de honte de savoir et laisser faire.

Un bloggeur a eu l'idée de poser des questions à des députés sur les technologies a fait des découvertes qui répondent à ses attentes. Pas de frustrations au moins à ce stade.
La plus grande frustration, c'est de voir que le Centre de l'Europe va imposer des lois qui vont s'auto-générer (lire : donner le mauvais exemple et faire tache sur la culture). Il s’agit d‘un pays qui a toujours été, depuis des siècles, le pays de la littérature, de la poésie, de tous les combats, de la liberté d'expression durement gagnée depuis la Révolution. En dépit du goût amer laissé par les élans colonisateurs.

Depuis quand les droits d'auteurs vont-ils être un moyen de museler et surveiller ?
Eh bien ça arrivera. Car si on veut réellement que la musique et les films cessent
« d'être volés », on a qu'a fermer la source initiale, ou arranger cela avec les serveurs, sans vouloir faire dans la simplicité " pourquoi faire simple, quand on veut faire compliqué? Ou autrement dit, comment des jeunes et vieux malins, sortis de l'air de l'internet veulent-ils prétendre voler des gens - spécialisés dans le vol légal- qui ont toujours volé des artistes et se sont assurés leurs gains sur la base de la sueur des autres, comme de vrais vampires. Et qui va s'inquiéter du sort de ces gens? La question est celle de bon sens…Des artistes qui ont vendu leurs droits d’auteurs dans les années 70, puis qui sont décédés ou cessé de pratiquer, ont fini leur manche dans la course. Mais les sociétés qui ont racheté ces droits continuent la course. Ils vendront bien aujourd’hui et mieux demain, un peu comme le reste…

Les plus fragiles sont ceux qui travaillent dur et gagnent peu. Pire, l'ère où ils seront utilisés pour servir à instaurer la politique de "haute surveillance " est arrivée. Déjà que l'essence première de l'artiste c'est fuir la complaisance (pas toujours, mais au moins survivre...). Rappelez vous l’histoire des théâtres et des acteurs "itinérants ou itinéraires ...j'ai oublié le mot. Mais je me souviens qu’en 2002 et plus, l'histoire de jeunes talents réellement castrés par une "tempête" dans une bouteille. La vie ne leur a pas fait de cadeaux. Ils pourront toujours regarder les stars à la télé ou télécharger...si Dieu veut!

NOTES Barbares

I- "" Cette vidéo n'est plus disponible suite à une réclamation pour atteinte aux droits d'auteur soumise par Les Restaurants du Cœur."" Sur you- tube

II- Et quelques réactions de lecteurs intéressés comme moi, par l’histoire des téléchargements cueillis / COURTESY sur:
[ http://blog.lefigaro.fr/hightech/2009/01/telechargement-le-gouvernement.html]

« « d_p a dit
Le téléchargement a de nombreux effets positifs, tout dépend de quel point de vue on se place.
** Premièrement, cela permet de plomber les ventes de l'industrie culturelle et de la mettre en faillite à moyen terme.
** Deuxièmement, cela permet de réintroduire dans la conscience populaire la notion de gratuité du culturel, de déprofessionnaliser le culturel. Car avant l'industrie, la culture était l'affaire de tous : tout le monde savait jouer d'un instrument, chanter, conter des histoires, dessiner/sculpter, etc... La culture était quelque chose qui se partageait.
** Troisièmement, le téléchargement permet à pas mal d'artistes de faire connaître leur œuvre, et de ne pas dépendre du bon vouloir des chaines de télé/radio/éditeurs pour visionner/entendre/lire une œuvre.

Pour résumer, l'accès libre à la culture permet la libération de cette culture, la fin du monopole industriel. Un exemple : pour moi et mes potes musiciens, le téléchargement est une source intarissable d'inspirations, de partitions, de vidéos pédagogiques sur des méthodes de jeux, etc... Un contenu d'une telle richesse qu'il aurait fallu débourser des milliers d'euros il y a seulement 10 ans pour avoir l'équivalent.
Alors leur loi à la con de vieux bourgeois inquiets de la fin de leur culture officielle, ils peuvent bien partouser avec. Qu'ils s'amusent à rallonger encore le code civil, à s'embourber dans les méandres de leur droit dans lequel personne pige rien, des millions de français font leur propre droit en ce moment même. )
« « « 23 janvier 2009 12h05
d_p a dit :
@plok :
J'ai jamais dit que le téléchargement était légal, j'ai dit qu'il avait des effets positifs ? Tout ce qui est légal n'est pas moral et inversement, faut s'aérer les neurones de temps en temps. Oui le téléchargement est un délit qui est pratiqué par à peu prêt tous les gens que je connais. Concrètement, les gens n'en ont rien à carrer de la loi, puisqu'il n'y a pas de répression et que ça ne leur pose aucun problème moral. Je soutiens : l'aliénation industrielle légitime le téléchargement. Mais t'inquiètes pas que le droit se pliera bientôt aux usages et que le téléchargement ne sera plus puni (il ne l'a jamais vraiment été).
Le jour ou l'industrie arrêtera d'imposer partout ses standards culturels moisis à la Star Ac', pour laisser le champ à des gens qui ont quelque chose à dire, on verra. Tu sais, j'ai été pendant deux ans programmateur musical d'une radio associative étudiante, et tous les groupes indépendants (ceux qui ont pas de majors derrière eux) poussaient au téléchargement, parce qu'ils savent que l'industrie ne voudra jamais de leur son.
Au sujet de ma "grosse généralité basée sur du vent" : tu as déjà fait deux secondes d'histoire culturelle ? Tu t'es jamais attardé sur des collections de chants populaires anciencs ? Es-tu déjà allé en Afrique ? Ce n'est pas du vent, n'importe quel historien pourrait t'affirmer qu'il existe une culture populaire vivace quand il n'y a pas d'industrie culturelle pour la juguler.
23 janvier 2009 13h21
plok a dit :
@ d_p
On commence à dévier. Je reviens à ton premier commentaire qui m'a bien fait rire:
"Car avant l'industrie, la culture était l'affaire de tous : tout le monde savait jouer d'un instrument, chanter, conter des histoires, dessiner/sculpter, etc..."
J'attends donc que tu me dises PRECISEMENT où et quand une telle société composée d'artistes a existé. Et avec des sources s'il te plait.. » » »
Fin de citations.
Techniquement c’est ce que c’est.

dimanche 10 mai 2009

Quelque égarement et des rêves

« Reposez vous, votre Sainteté, il faut le Glaive du Christ pour en venir à bout de ces détritus ».Commentaire d'un internaute " Scooty"

Sur Libération + (9- 04- 2009), la visite de Benoit XVI est vue d'un angle convenable. Le Pape a tenté de conforter les Juifs notamment après le discours antisémite du Président Iranien, qui a pourtant exprimé sans passion, mais avec fidélité les sentiments des musulmans vis-vis d'Israël et de l'occident. C’est que ce dernier montre une telle impartialité envers les Sionistes, qu'il faut peut -être chercher du côté" de l’histoire", l'origine du conflit. Voilà l'idée principale.

Le Pape a incontestablement effectué un pèlerinage et personnellement je le crois. Mais le problème qui s’est imposé, c’est le lieu géographique. Et je crois dur comme fer qu'on a souvent tenté de lui chercher des poux et à vouloir faire de ses voyages des plans de sauvetage politique in-extremis. Pour preuve l’article sur Libé affirme qu’ "Au cours des derniers jours, la radio des colons israéliens s’en est pris «à l’ancien jeune nazi et au nouveau croisé». Dans une tribune, le quotidien de la droite dure, le Jérusalem Post, a prévenu que le pape allemand, qui a servi dans la Wehrmacht, sera soumis «à un examen implacable durant sa visite. Chaque arrêt ou changement dans son itinéraire, chaque petite phrase ou geste seront étudiés à la loupe.»
Il est difficile de se concentrer sur le pèlerinage, puisque tout est piégé, je serai tentée de penser que l'itinéraire ressemble à celui de Jésus lui - même. Voila la terre de toutes les religions et des rêves célestes - enjoy!

Cependant, le Vatican qui offre un cadre institutionnel religieux parfait semble être aux prises avec les attentes des gens de foi, soient-ils Chrétiens ou d'autres confessions. On a tous tendance à voir et à chercher du côté des crédibles.

Si on peut considérer que la sonate sur le préservatifs fut exagérément caricaturiste tout autant que les images sur le Prophète de l'Islam, on peut passer l'éponge sur les déclarations sur " la foi musulmane proche de la violence". Je peux reconnaitre, que sans être des fous de Dieu présumés, les musulmans ont une foi "violente" synonyme de " infaillible" dans Dieu, synonyme d'Allah. Je suis violemment croyante, je le confirme mais je respecte la foi Chrétienne telle qu'elle se présente. Je crois celui ou celle qui en parle, sans adopter et redire ce qu'il dit. Je bois à cette source, et je ne la volerai pas, et loin de moi l'idée de la transposer, de la polluer ou de l'enterrer.

Autrement dit, je peux dire que là ou les musulmans attendaient des excuses pour la grave atteinte "à leur foi douce et docile"( ils ont oublié- AH les C...- les images du Prophète PSSL), les Sionistes ont déterré la hache nazie pour creuser plus sous Al Aqsa, cerner le Pape et isoler le Hamas et les Palestiniens davantage: ah les ENC...

Dans l'histoire des religions, on affirme que les catholiques ont été les plus fermes vis-à - vis du nouveau monde, et de loin leur histoire au Moyen- orient et autour de Jérusalem principalement- ou le sang par moment a atteint le niveau des genoux- semble être très violente. Il parait qu'ils ont fait des victimes en Andalousie et en Espagne, avec les inquisitions et la Reconquista. Les victimes furent des Juifs et des Musulmans, considérés comme des sorciers, au temps de la chasse aux sorcières. Les violents de foi ont, en effet, excellé en matière de torture pratiquée alors pour arracher des aveux. Les communautés maures, Juives et Musulmanes se sont réfugiés en Afrique du Nord pour
échapper à l'extinction de leurs ethnies. La même extinction se poursuit et s’est fait sous de " nouvelles bannières" en Europe, laquelle se poursuit en Extrême - Orient.

Mais Benoit XVI et le Vatican ne peuvent en aucun cas répondre de ses malheurs que les hommes ( rois, soldats passionnés, pauvres à la recherche de gains, misérables en quête de gloire, et Chefs ecclésiastiques passionnés) ont perpétré en dépit des enseignements religieux.

Des témoignages modernes affirment que l'on veut faire porter au pape le chapeau de toutes ces misères, " on lutte contre le ciel" , en le combattant, car les lois du ciel sont si lourdes à assumer. C'est possible, les hommes s'éloignent de plus en plus du ciel et de ses commandements.

Aujourd’hui , au Moyen-Orient, la confrontation entre Juifs est sur le point de sonner le glas de l’intégrité des hommes. Il s'agit de la campagne des Juifs sionizés qui s'en prennent à la Mosquée de Jérusalem , pour la plupart des colons, des spécialistes en archéologie et histoire, presque fous jouissant de la protection de l'armée et de l'appui des médias d'ici et d'ailleurs . Une campagne qui vise l'extinction de la civilisation Arabe seule.

L'histoire entière, du pèlerinage, à la Reconquista, à la gloire de mes ancêtres m'a inspiré quelques égarements et quelques rêves:

Les Chrétiens sont appelés à arbitrer au Moyen- orient afin de calmer les esprits.(A l'exception des Coptes , occupés à protéger leur industrie porcine, on les comprend, que vont-ils bouffer?...ils ont tout compris).

Pour remercier les Chrétiens, les Arabes seront peut-être appelés à arbitrer en Géorgie, il parait que leur ancêtres ont planté des choux là bas.

Les Juifs seront probablement appelés à arbitrer en Afghanistan, ou entre le Pakistan et ses voisins. On dit que Zardari et Netanyahu sont cousins Germaniques.

Comme vous le voyez, les voies du ciel sont incommensurables!

Ainsi, au moins, on cessera de faire porter le chapeau à une seule et unique personne, lorsque les systèmes se pourrissent, les âmes libres et combattantes sombrent dans l'indolence et les intellectuels prodiges font dans le parrainage du luxe et du strass.

samedi 9 mai 2009

No comment/Article datant de 2004 plus qu'actuel, à lire et diffuser

N'a-t-on pas vu des politiciens et des intellectuels affirmer
que l'école est d'abord là pour "former des citoyens"?.

Derrière la Loi foulardière, la peur,
par Alain Badiou
LE MONDE | 21.02.04 |

> 1. D'aimables républicaines et républicains arguèrent un jour
qu'il fallait une loi pour interdire tout foulard sur les
cheveux des filles. A l'école d'abord, ailleurs ensuite,
partout si possible. Que dis-je, une loi ? Une Loi ! Le
président de la République était un politicien aussi limité
qu'insubmersible. Totalitairement élu par 82 % des électeurs,
dont tous les socialistes, gens parmi lesquels se recrutaient
nombre des aimables républicain(e)s en question, il opina du
bonnet : une loi, oui, une Loi contre le petit millier de
jeunes filles qui mettent le susdit foulard sur leurs cheveux.
Les pelées, les galeuses ! Des musulmanes, en plus ! C'est ainsi
qu'une fois de plus, dans la ligne de la capitulation de Sedan,
de Pétain, de la guerre d'Algérie, des fourberies de
Mitterrand, des lois scélérates contre les ouvriers sans
papiers, la France étonna le monde. Après les tragédies, la
farce.
> 2. Oui, la France a enfin trouvé un problème à sa mesure : le
foulard sur la tête de quelques filles. On peut le dire, la
décadence de ce pays est stoppée. L'invasion musulmane, de
longtemps diagnostiquée par Le Pen, aujourd'hui confirmée par
des intellectuels indubitables, a trouvé à qui parler. La
bataille de Poitiers n'était que de la petite bière, Charles
Martel, un second couteau. Chirac, les socialistes, les
féministes et les intellectuels des Lumières atteints
d'islamophobie gagneront la bataille du foulard. De Poitiers au
foulard, la conséquence est bonne, et le progrès considérable.
> 3. A cause grandiose, arguments de type nouveau. Par exemple
: le foulard doit être proscrit, qui fait signe du pouvoir des
mâles (le père, le grand frère) sur ces jeunes filles ou
femmes. On exclura donc celles qui s'obstinent à le porter. En
somme : ces filles ou femmes sont opprimées. Donc, elles seront
punies. Un peu comme si on disait : "Cette femme a été violée,
qu'on l'emprisonne". Le foulard est si important qu'il mérite
une logique aux axiomes renouvelés.
> 4. Ou, au contraire : ce sont elles qui veulent librement le
porter, ce maudit foulard, les rebelles, les coquines ! Donc,
elles seront punies. Attendez : ce n'est pas le signe d'une
oppression par les mâles ? Le père et le grand frère n'y sont
pour rien ? D'où vient qu'il faut l'interdire, alors, ce foulard
? C'est qu'il est ostentatoirement religieux. Ces coquines
"ostentent" leur croyance. Au piquet, na !
> 5. Ou c'est le père et le grand frère, et féministement le
foulard doit être arraché. Ou c'est la fille elle-même selon sa
croyance, et "laïcisement" il doit être arraché. Il n'y a pas
de bon foulard. Tête nue ! Partout ! Que tout le monde, comme
on disait autrefois - même les pas-musulmanes le disaient -
sorte "en cheveux".
> 6. Notez bien que le père et le grand frère de la fille au
foulard ne sont pas de simples comparses parentaux. On l'insinue
souvent, parfois on le déclare : le père est un ouvrier abruti,
un pauvre type directement "venu du bled" et commis aux chaînes
de Renault. Un archaïque. Mais stupide. Le grand frère deale le
shit. Un moderne. Mais corrompu. Banlieues patibulaires.
Classes dangereuses.
> 7. La religion musulmane ajoute aux tares des autres
religions celle-ci, gravissime : elle est, dans ce pays, la
religion des pauvres.
> 8. Imaginons le proviseur d'un lycée, suivi d'une escouade
d'inspecteurs armés de centimètres, de ciseaux, de livres de
jurisprudence : on va vérifier aux portes de l'établissement si
les foulards, kippas et autres couvre-chefs sont
"ostentatoires". Ce foulard grand comme un timbre poste perché
sur un chignon ? Cette kippa comme une pièce de deux euros ?
Louche, très louche. Le minuscule pourrait bien être
l'ostentation du majuscule. Mais, que vois-je ? Gare ! Un
chapeau haut de forme ! Hélas ! Mallarmé, interrogé sur le
chapeau haut de forme, l'a dit : "Qui a mis rien de pareil ne
peut l'ôter. Le monde finirait, pas le chapeau." Ostentation
d'éternité.
> 9. La laïcité. Un principe inoxydable ! Le lycée d'il y a
trois ou quatre décennies : interdiction de mélanger les sexes
dans la même classe, pantalon décommandé aux filles,
catéchisme, aumôniers. La communion solennelle, avec les gars en
brassard blanc et les mignonnes sous le voile de tulle. Un vrai
voile, pas un foulard. Et vous voudriez que je tienne pour
criminel ce foulard ? Ce signe d'un décalage, d'un remuement,
d'un enchevêtrement temporel ? Qu'il faille exclure ces
demoiselles qui mêlent agréablement hier et aujourd'hui ?
Allez, laissez faire la broyeuse capitaliste. Quels que soient
les allers et retours, les repentirs, les venues ouvrières du
lointain, elle saura substituer aux dieux morts des religions le
gras Moloch de la marchandise.
> 10. Au demeurant, n'est-ce pas la vraie religion massive,
celle du commerce ? Auprès de laquelle les musulmans convaincus
font figure de minorité ascétique ? N'est-ce pas le signe
ostentatoire de cette religion dégradante que ce que nous
pouvons lire sur les pantalons, les baskets, les tee-shirts :
Nike, Chevignon, Lacoste,... N'est-il pas plus mesquin encore
d'être à l'école la femme sandwich d'un trust que la fidèle
d'un Dieu ? Pour frapper au coeur de la cible, voir grand, nous
savons ce qu'il faut : une loi contre les marques. Au travail,
Chirac. Interdisons sans faiblir les signes ostentatoires du
Capital.
> 11. Qu'on m'éclaire. La rationalité républicaine et féministe
de ce qu'on montre du corps et de ce qu'on ne montre pas, en
différents lieux et à différentes époques, c'est quoi ? Que je
sache, encore de nos jours, et pas seulement dans les écoles, on
ne montre pas le bout des seins ni les poils du pubis, ni la
verge. Devrais-je me fâcher de ce que ces morceaux soient
"dérobés aux regards" ? Soupçonner les maris, les amants, les
grands frères ? Il y a peu dans nos campagnes, encore de nos
jours en Sicile et ailleurs, les veuves portent fichus noirs,
bas sombres, mantilles. Il n'y a pas besoin pour cela d'être la
veuve d'un terroriste islamique.
> 12. Curieuse, la rage réservée par tant de dames féministes
aux quelques filles à foulard, au point de supplier le pauvre
président Chirac, le soviétique aux 82 %, de sévir au nom de la
Loi, alors que le corps féminin prostitué est partout, la
pornographie la plus humiliante universellement vendue, les
conseils d'exposition sexuelle des corps prodigués à longueur
de page dans les magazines pour adolescentes.
> 13. Une seule explication : une fille doit montrer ce qu'elle
a à vendre. Elle doit exposer sa marchandise. Elle doit indiquer
que désormais la circulation des femmes obéit au modèle
généralisé, et non pas à l'échange restreint. Foin des pères et
grands frères barbus ! Vive le marché planétaire ! Le modèle,
c'est le top modèle.
> 14. On croyait avoir compris qu'un droit féminin intangible
est de ne se déshabiller que devant celui (ou celle) qu'on a
choisi (e) pour ce faire. Mais non. Il est impératif d'esquisser
le déshabillage à tout instant. Qui garde à couvert ce qu'il
met sur le marché n'est pas un marchand loyal.
> 15. On soutiendra ceci, qui est assez curieux : la loi sur le
foulard est une loi capitaliste pure. Elle ordonne que la
féminité soit exposée. Autrement dit, que la circulation sous
paradigme marchand du corps féminin soit obligatoire. Elle
interdit en la matière - et chez les adolescentes, plaque
sensible de l'univers subjectif entier - toute réserve.
> 16. On dit un peu partout que le "voile" est l'intolérable
symbole du contrôle de la sexualité féminine. Parce que vous
imaginez qu'elle n'est pas contrôlée, de nos jours, dans nos
sociétés, la sexualité féminine ? Cette naïveté aurait bien
faire rire Foucault. Jamais on n'a pris soin de la sexualité
féminine avec autant de minutie, autant de conseils savants,
autant de discriminations assénées entre son bon et son mauvais
usage, La jouissance est devenue une obligation sinistre.
L'exposition universelle des morceaux supposés excitants, un
devoir plus rigide que l'impératif moral de Kant. Au demeurant,
entre le "Jouissez, femmes !" de nos gazettes et l'impératif
"Ne jouissez pas !" de nos arrière-grands-mères, Lacan a de
longue date établi l'isomorphie. Le contrôle commercial est
plus constant, plus sûr, plus massif que n'a jamais pu l'être le
contrôle patriarcal. La circulation prostitutionnelle
généralisée est plus rapide et plus fiable que les
difficultueux enfermements familiaux, dont la mise à mal, entre
la comédie grecque et Molière, a fait rire pendant des siècles.
> 17. La maman et la putain. On fait dans certains pays des
lois réactionnaire pour la maman et contre la putain, dans
d'autres, des lois progressistes pour la putain et contre la
maman. C'est cependant l'alternative qu'il faudrait récuser.
> 18. Non pas toutefois par le "ni... ni...", qui ne fait jamais
que perpétuer en terrain neutre (au centre, comme Bayrou ?) ce
qu'il prétend contester. "Ni maman ni putain", cela est
tristounet. Comme "ni pute ni soumise", lequel est au demeurant
absurde : une "pute" n'est-elle pas généralement soumise, oh
combien ? On les appelait, autrefois, des respectueuses. Des
soumises publiques, en somme. Quant aux "soumises", elles ne
sont peut-être que des putains privées.
> 19. On y revient toujours : l'ennemi de la pensée,
aujourd'hui, c'est la propriété, le commerce, des choses comme
des âmes, et non la foi. On dira bien plutôt que c'est la foi
(politique) qui manque le plus. La "montée des intégrismes"
n'est que le miroir dans lequel les Occidentaux repus
considèrent avec effroi les effets de la dévastation des
consciences à laquelle ils président. Et singulièrement la
ruine de la pensée politique, qu'ils tentent partout
d'organiser, tantôt sous couvert de démocratie insignifiante,
tantôt à grand renfort de parachutistes humanitaires. Dans ces
conditions, la laïcité, qui se prétend au service des savoirs,
n'est qu'une règle scolaire de respect de la concurrence, de
dressage aux normes "occidentales" et d'hostilité à toute
conviction. C'est l'école du consommateur cool, du commerce
soft, du libre propriétaire et du votant désabusé.
> 20. On ne s'extasiera jamais assez sur la trajectoire de ce
féminisme singulier qui, parti pour que les femmes soient
libres, soutient aujourd'hui que cette "liberté" est si
obligatoire qu'elle exige qu'on exclue des filles (et pas un
seul garçon !) du seul fait de leur apparat vestimentaire.
> 21. Tout le jargon sociétal sur les "communautés" et le
combat aussi métaphysique que furieux entre "la République" et
"les communautarismes", tout cela est une foutaise. Qu'on
laisse les gens vivre comme ils veulent, ou ils peuvent, manger
ce qu'ils ont l'habitude de manger, porter des turbans, des
robes, des voiles, des minijupes ou des claquettes, se
prosterner à toute heure devant des dieux fatigués, se
photographier les uns les autres avec force courbettes ou
parler des jargons pittoresques. Ce genre de "différences"
n'ayant pas la moindre portée universelle, ni elles n'entravent
la pensée, ni elles ne la soutiennent. Il n'y a donc aucune
raison, ni de les respecter, ni de les vilipender. Que
"l'Autre", - comme disent après Levinas les amateurs de
théologie discrète et de morale portative - vive quelque peu
autrement, voilà une constatation qui ne mange pas de pain.
> 22. Quant au fait que les animaux humains se regroupent par
provenance, c'est une conséquence naturelle et inévitable des
conditions le plus souvent misérables de leur arrivée. Il n'y a
que le cousin, ou le compatriote de village, qui peut, volens
nolens, vous accueillir au foyer de St Ouen l'Aumône. Que le
chinois aille là où il y a déjà des Chinois, il faut être obtus
pour s'en formaliser.
> 23. Le seul problème concernant ces "différences culturelles"
et ces "communautés" n'est certes pas leur existence sociale,
d'habitat, de travail, de famille ou d'école. C'est que leurs
noms sont vains là où ce dont il est question est une vérité,
qu'elle soit d'art, de science, d'amour ou, surtout, de
politique. Que ma vie d'animal humain soit pétrie de
particularités, c'est la loi des choses. Que les catégories de
cette particularité se prétendent universelles, se prenant ainsi
au sérieux du Sujet, voilà qui est régulièrement désastreux. Ce
qui importe est la séparation des prédicats. Je peux faire des
mathématiques en culotte de cheval jaune et je peux militer
pour une politique soustraite à la "démocratie" électorale avec
une chevelure de Rasta. Ni le théorème n'est jaune (ou
non-jaune), ni le mot d'ordre qui nous rassemble n'a de tresses.
Non plus d'ailleurs qu'il n'a d'absence de tresses.
> 24. Que l'école soit, dit-on, fort menacée par une
particularité aussi insignifiante que le foulard de quelques
filles amène à soupçonner que ce n'est jamais de vérité qu'il y
est question. Mais d'opinions, basses et conservatrices.
N'a-t-on pas vu des politiciens et des intellectuels affirmer
que l'école est d'abord là pour "former des citoyens"? Sombre
programme. De nos jours, le "citoyen" est un petit jouisseur
amer, cramponné à un système politique dont tout semblant de
vérité est forclos.
> 25. Ne serait-on pas préoccupé, en haut et bas lieu, de ce que
nombre de filles d'origine algérienne, marocaine, tunisienne,
le chignon bien serré, la mine austère, acharnées au travail,
composent, avec quelques Chinois non moins vissés à l'univers
familial, de redoutables têtes de classe ? De nos jours, il y
faut pas mal d'abnégation. Et il se pourrait que la Loi du
soviétique Chirac aboutisse à l'exclusion tapageuse de quelques
excellentes élèves.
> 26. "Jouir sans entraves", cette ânerie soixante-huitarde,
n'a jamais fait tourner à haut régime le moteur des savoirs.
Une certaine dose d'ascétisme volontaire, on en connaît la
raison profonde depuis Freud, n'est pas étrangère au voisinage
de l'enseignement et d'au moins quelques rudes fragments de
vérités effectives. De sorte qu'un foulard, après tout, peut
servir. Là où désormais le patriotisme, cet alcool fort des
apprentissages, fait entièrement défaut, tout idéalisme, même
de pacotille, est le bienvenu. Pour qui du moins suppose que
l'école est autre chose que la "formation" du
citoyen-consommateur.
> 27. En vérité, la Loi foulardière n'exprime qu'une chose :
la peur. Les Occidentaux en général, les Français en
particulier, ne sont plus qu'un tas frissonnant de peureux. De
quoi ont-ils peur ? Des barbares, comme toujours. Ceux de
l'intérieur, les "jeunes des banlieues"; ceux de l'extérieur,
les "terroristes islamistes". Pourquoi ont-ils peur ? Parce
qu'ils sont coupables, mais se disent innocents. Coupables
d'avoir, à partir des années 1980, renié et tenté d'anéantir
toute politique d'émancipation, toute raison révolutionnaire,
toute affirmation vraie d'autre chose que ce qu'il y a.
Coupables de se cramponner à leurs misérables privilèges.
Coupables de n'être plus que de vieux enfants qui jouent avec ce
qu'ils achètent. Eh oui, "dans une longue enfance on les a fait
vieillir". Aussi ont-ils peur de tout ce qui est un peu moins
vieux qu'eux. Par exemple, une demoiselle entêtée.
> 28. Mais surtout, Occidentaux en général et Français en
particulier ont peur de la mort. Ils n'imaginent même plus
qu'une Idée puisse valoir qu'on prenne pour elle quelques
risques. "Zéro mort", c'est leur plus important désir. Or, ils
voient partout dans le monde des millions de gens qui n'ont
aucune raison, eux, d'avoir peur de la mort. Et, parmi eux,
beaucoup, presque chaque jour, meurent au nom d'une Idée. Cela
est pour le "civilisé" la source d'une intime erreur.
> 29. Et je sais bien que les Idées pour lesquelles on accepte
aujourd'hui de mourir ne valent en général pas cher. Convaincu
que tous les dieux ont de longue date déclaré forfait, je me
désole de ce que de jeunes hommes, de jeunes femmes,
déchiquettent leurs corps dans d'affreux massacres sous la
funèbre invocation de ce qui depuis longtemps n'est plus. Je
sais en outre qu'ils sont instrumentés, ces "martyrs"
redoutables, par des comploteurs peu discernables de ceux
qu'ils prétendent abattre. On ne redira jamais assez que Ben
Laden est une créature des services américains. Je n'ai pas la
naïveté de croire à la pureté, ni à la grandeur, ni même à une
quelconque efficacité, de ces tueries suicidaires.
> 30. Mais je dis que ce prix atroce est d'abord payé à la
destruction minutieuse de toute rationalité politique par les
dominants d'Occident, entreprise que n'ont rendue aussi
largement praticable que l'abondance, notamment en France, des
complicités intellectuelles et populaires. Vous vouliez avec
acharnement liquider jusqu'au souvenir de l'Idée de révolution
? Déraciner tout usage, même allégorique, du mot "ouvrier"? Ne
vous plaignez pas du résultat. Serrez les dents, et tuez les
pauvres. Ou faites-les tuer par vos amis américains.
> 31. On a les guerres qu'on mérite. Dans ce monde transi par
la peur, les gros bandits bombardent sans pitié des pays
exsangues. Les bandits intermédiaires pratiquent l'assassinat
ciblé de ceux qui les gênent. Les tout petits bandits font des
lois contre les foulards.
> 32. On dira que c'est moins grave. Certes. C'est moins grave.
Devant feu le Tribunal de l'Histoire, nous obtiendrons les
circonstances atténuantes : "Spécialiste des coiffures, il n'a
joué dans l'affaire qu'un petit rôle".

> Alain Badiou est philosophe, écrivain et professeur à l'école
normale supérieure.
ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 22.02.04